Bienvenue dans l’Identique : Le Passeur

On était presque en décembre et Jonas commençait à avoir peur.

 

Souvent, je lis les livres avant de voir les adaptations, pour Le Passeur, j’ai fait l’inverse, et quelque part, ce n’était pas une mauvaise idée.

J’ai beaucoup aimé le livre, ayant pas mal de ressemblances avec Hunger Games, du moins dans le principe de base. Le film m’avait donné envie de le lire (sachant que j’y pensais depuis pas mal de temps), et j’ai adoré. Il est clairement mieux que le film, très édulcoré à la sauce hollywoodienne (comme tant d’autres adaptations).

Le passeur, c’est l’histoire de Jonas, un jeune garçon qui vit dans une communauté « parfaite ». Tout est calculé pour les citoyens par le Comité : la naissance, le métier, la famille et même la mort. Tout est identique pour les citoyens qui sont « élargis » s’ils ne respectent pas les règles ou ont un comportement contraire à la volonté du Comité. Le jour de ses 11 ans, enfin, le jour de la célébration annuelle qui le fait passer dans le groupe des 11 ans avec tous les autres enfants nés la même année que lui, Jonas est choisi pour devenir le futur dépositaire de la mémoire. C’est la seule personne qui sait ce qui s’est passé auparavant et pourquoi la société a évolué ainsi. Au cours de sa formation, il découvre des souffrances inconnues, mais aussi des bonheurs simples. Il va aussi découvrir des failles dans l’Identique…

L’écriture de ce livre est très belle, poétique et laisse sentir les changements que Jonas subit. L’histoire est très intéressante et donne à réfléchir : malgré tous les malheurs, est-ce qu’une société uniforme et une vie réglée par les dirigeants serait préférable ?

En bref, une jolie dystopie, ancêtre de romans comme Hunger Games, à lire si vous êtes adeptes du genre. On sent d’ailleurs que ce livre a pu être l’inspiration des suivants (bien qu’il soit sorti en 1992 en VO), parce qu’on est vraiment dans la posture du héros qui se révolte contre une espèce de dictature utopique, qui cherche à ne pas reproduire les erreurs du passé en tenant les gens dans un carcan, la dimension plus violente et le côté « jeu de télé réalité » de Hunger Games étant bien évidemment inspirés de notre société actuelle.

Et petite mention spéciale pour la fin ouverte, j’aime beaucoup m’imaginer ce qui peut s’être passé après avoir fermé un bouquin.

Pour ce qui est du film, il est selon moi très bien, notamment pour ce qui est de représenter le changement psychologique de Jonas, cependant, il y a quand même pas mal de différences notables ; à commencer par l’âge de Jonas qui passe de 11 ans dans le livre à 16-17 ans à l’écran. On sent qu’Hollywood est passé par là !

Bonne lecture !

Pour vous procurer ce livre :
Le passeur, Lois Lowry
Traduit par Frédérique Pressmann
Ecole des Loisirs, collection Medium, 2014
235 pages, 16€
ISBN : 9782211220590

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