The book of Ivy – Amy Engel

De nos jours plus personne ne porte de robe blanche à son mariage.

couv73233627Comme j’ai enchaîné les deux tomes, je vais vous donner mon avis garanti sans spoiler, sur la saga complète.

The Book of Ivy est une dystopie comme on en voit beaucoup dans les rayons jeunesse de nos librairies. On se retrouve dans la ville de Westfall, ville-pays, puisque seul endroit encore sûr et habité après une grande guerre nucléaire qui a détruit notre société. La ville est coupée en deux : les plus aisés d’un côté et les plus pauvres de l’autre. Tout ce petit monde est dirigé par le Président Lattimer. Deux fois par an, les jeunes sont mariés les uns aux autres, passant d’un côté ou de l’autre de la ville. Ces mariages arrangés sont obligatoires et s’y soustraire fait encourir le risque d’être expulsé de la ville et par conséquent, voué à la mort.

Dès le début du livre, Ivy, petite fille de l’ancien opposant aux Lattimer, est mariée à Bishop Lattimer. Vous l’aurez compris, le fils du Président. Elle va donc devoir s’adapter au mariage et à une personne qu’elle considère comme l’ennemie de sa famille.

Je n’irai pas plus loin pour le résumé du livre, parce qu’il mérite d’être lu et je ne voudrais pas vous spoiler.

J’aime beaucoup les dystopies, voir comment un auteur imagine l’évolution à long terme de notre société. Ici, pas de combats entre jeunes comme dans Hunger Games, mais des mariages forcés et une vie en ostracisme dans un petit périmètre. La société est divisée en deux grands ensembles. Les jeunes servent à contrôler la population puisqu’ils sont obligés d’épouser un pair issu de l’autre côté de la ville.

Les deux livres sont bien écrits, on est plongé au cœur de Westfall, dans le quotidien d’Ivy, l’histoire étant rédigée à la première personne du singulier. J’ai eu beaucoup de mal à lâcher les livres tant je voulais connaître la suite, c’est vous dire.

Seul défaut et encore. C’est un livre pour la jeunesse et ça se voit. L’utilisation des stéréotypes du genre fait que certaines parties de l’histoire sont facilement prévisibles et ce, quasiment dès le début du premier livre. Bon, après, c’est parce que je lis beaucoup de jeunesse et à force j’ai fini par garder quelques schémas narratifs en tête. Mais ce petit défaut n’empêche pas de savourer l’histoire et d’avoir encore des surprises au fil des pages, rassurez-vous.

Il me semble avoir tout dit sur cette saga, j’espère vous avoir donné envie de la lire, parce que si vous appréciez la dystopie, vous pourriez aimer ce livre.

N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé du livre si vous l’avez déjà lu.

Bonne lecture !

Pour vous procurer le tome 1 :
The Book of Ivy, Amy Engel
Editions Lumen, 2015
342 pages, 15€
ISBN : 9782371020351

Un cri dans la nuit : La voix de la meute, tome 1

Le brouillard ne s’était pas levé de la journée

La voix de la meute, c’est l’histoire de trois adolescents, Mila, Ludovic et Tristan, qui sont attaqués par des loups lors d’une soirée en forêt. Quelques temps plus tard, les trois amis d’enfance reprennent leurs activités, se séparant par la force des choses. Mais c’est sans compter cette attaque qui resurgit quand des événements étranges se déroulent, chacun, poussé par la peur ou la colère, développe des comportements agressifs, à l’instar de loups sauvages.

Dans ce roman jeunesse, on suit donc les péripéties de ces trois personnages après l’attaque.

Le livre est à mon avis, vraiment bien écrit. Très immersif, il reste cependant accessible à de plus jeunes lecteurs sans chercher à les abrutir mais au contraire à les faire évoluer.

Cette aventure autour de la lycanthropie est le premier tome d’une série qui a un bon potentiel puisqu’il traite d’un sujet populaire en ce moment, mais sous un angle différent. En effet, ici, le loup garou est vu comme le dépositaire de l’agressivité humaine et c’est un fardeau qui se transmet au fil des générations et ce, depuis les temps les plus anciens de l’humanité.

J’ai trouvé que ce point de vue était vraiment intéressant, mais j’ai apprécié aussi le fait que l’auteur ait repris certaines bases de légendes : la contamination par un autre loup garou, et surtout, la symbolique du vêtement dont les adolescents se délestent pour revêtir leur peau de loup. Cette symbolique existe depuis les premières légendes autour du loup garou puisque souvent, c’est la perte du « pelage humain » qui permet la transformation avec, dans certaines légendes, l’obligation d’y avoir un accès pour quitter la forme animale.

Les trois personnages sont attachants, amis depuis l’enfance, ils ont été séparés par le temps et ne se retrouvent que peu, et notamment, une fois par an pour fêter leurs trois anniversaires qui tombent dans la même période. L’attaque va les rapprocher à différents égards, même si l’esprit de meute, je pense, risque, par la suite de créer des dissensions.

Le mystère de la voix de la meute qui guide les adolescents reste entier, on ne sait ce que c’est ou qui c’est. Tout ce qu’on constate, c’est qu’elle a une forte influence sur les trois jeunes et leur permet de se faire à cette nouvelle nature, et même de se sauver de certaines situations.

Entre légende et réécriture, ce roman jeunesse est plein de promesses, j’ai hâte de pouvoir lire la suite.

Bonne lecture !

Pour vous procurer ce livre :
La voix de la meute, Tome 1 Les remplaçants, Gaia Guasti
Editions Thierry Magnier, 2014
260 pages, 14,50€
ISBN : 9782364744608

Bienvenue dans l’Identique : Le Passeur

On était presque en décembre et Jonas commençait à avoir peur.

 

Souvent, je lis les livres avant de voir les adaptations, pour Le Passeur, j’ai fait l’inverse, et quelque part, ce n’était pas une mauvaise idée.

J’ai beaucoup aimé le livre, ayant pas mal de ressemblances avec Hunger Games, du moins dans le principe de base. Le film m’avait donné envie de le lire (sachant que j’y pensais depuis pas mal de temps), et j’ai adoré. Il est clairement mieux que le film, très édulcoré à la sauce hollywoodienne (comme tant d’autres adaptations).

Le passeur, c’est l’histoire de Jonas, un jeune garçon qui vit dans une communauté « parfaite ». Tout est calculé pour les citoyens par le Comité : la naissance, le métier, la famille et même la mort. Tout est identique pour les citoyens qui sont « élargis » s’ils ne respectent pas les règles ou ont un comportement contraire à la volonté du Comité. Le jour de ses 11 ans, enfin, le jour de la célébration annuelle qui le fait passer dans le groupe des 11 ans avec tous les autres enfants nés la même année que lui, Jonas est choisi pour devenir le futur dépositaire de la mémoire. C’est la seule personne qui sait ce qui s’est passé auparavant et pourquoi la société a évolué ainsi. Au cours de sa formation, il découvre des souffrances inconnues, mais aussi des bonheurs simples. Il va aussi découvrir des failles dans l’Identique…

L’écriture de ce livre est très belle, poétique et laisse sentir les changements que Jonas subit. L’histoire est très intéressante et donne à réfléchir : malgré tous les malheurs, est-ce qu’une société uniforme et une vie réglée par les dirigeants serait préférable ?

En bref, une jolie dystopie, ancêtre de romans comme Hunger Games, à lire si vous êtes adeptes du genre. On sent d’ailleurs que ce livre a pu être l’inspiration des suivants (bien qu’il soit sorti en 1992 en VO), parce qu’on est vraiment dans la posture du héros qui se révolte contre une espèce de dictature utopique, qui cherche à ne pas reproduire les erreurs du passé en tenant les gens dans un carcan, la dimension plus violente et le côté « jeu de télé réalité » de Hunger Games étant bien évidemment inspirés de notre société actuelle.

Et petite mention spéciale pour la fin ouverte, j’aime beaucoup m’imaginer ce qui peut s’être passé après avoir fermé un bouquin.

Pour ce qui est du film, il est selon moi très bien, notamment pour ce qui est de représenter le changement psychologique de Jonas, cependant, il y a quand même pas mal de différences notables ; à commencer par l’âge de Jonas qui passe de 11 ans dans le livre à 16-17 ans à l’écran. On sent qu’Hollywood est passé par là !

Bonne lecture !

Pour vous procurer ce livre :
Le passeur, Lois Lowry
Traduit par Frédérique Pressmann
Ecole des Loisirs, collection Medium, 2014
235 pages, 16€
ISBN : 9782211220590