Garder le secret : Derrière la porte

Les Barber avaient dit qu’ils arriveraient vers trois heures.

Tout d’abord, merci aux Editions Denoël pour cette découverte.

J’ai eu du mal à écrire cet avis, parce que j’ai du mal à déterminer ce que je pense de ce livre, et encore maintenant.

J’ai beaucoup aimé le style de Sarah Waters, cependant, j’ai eu l’impression que le livre était un peu long par rapport à l’histoire. Ne me lancez pas la pierre quand je dis ça, l’histoire est intéressante, mais j’ai trouvé qu’il y avait des développements trop longs et qui auraient pu être évités.

L’histoire de Frances et Lilian dans l’Angleterre des années 20 est intéressante. La Première Guerre Mondial s’est finie depuis 4 ans. Frances et sa mère essuient encore les plâtres de ce conflit et pleurent encore la mort des hommes de leur famille et de leurs richesses, dilapidées par le père de famille. Elles sont ainsi obligées de louer une partie de leur maison afin de payer leurs dettes.

Par la suite, une amitié se développe entre Frances et Lilian, sa locataire. Les deux jeunes femmes faisant même l’expérience d’une relation charnelle prohibée et mal vue à l’époque. Mais l’ombre du mari de Lilian, Leonard plane tout au long du livre.

Beaucoup de longueurs pendant les scènes « sociales », et peu de rebondissements selon moi ont rendus ma lecture compliquée. Même si l’écriture est vraiment prenante dans les scènes d’action, ces parties-là ont été les plus sympas à lire.

Je tenterai peut-être de lire un autre livre de l’auteur, mais pour ce livre-là, je pense que le sujet n’était pas fait pour moi.

Bonne lecture !

Pour vous procurer ce livre :
Derrière la porte, Sarah Waters
Traduit par Alain Defossé
Editions Denoël, 2015
704 pages, 24,90€
ISBN : 9782207118962

Rencontre livresque : La bibliothèque des coeurs cabossés

J’espère qu’Une jeune fille démodée de Louisa May Alcott te plaira.

Ce livre a été une jolie découverte, bien qu’il ait selon moi quelques défauts…

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé l’aspect livresque du roman. Je m’explique : deux femmes, Sara et Amy, font connaissance par lettres interposées, la première habitant en Suède et l’autre aux Etats-Unis. Elles échangent autour des livres, s’envoient des bouquins, jusqu’au jour où Sara, qui est également libraire, est invitée par Amy à venir la rencontrer en personne chez elle, à Broken Wheel. Le problème ? En arrivant, Sara apprend qu’Amy est décédée.

C’est donc entre la rencontre de Sara et les habitants de Broken Wheel,  les lettres envoyées par Amy et les livres que ce roman se construit.

J’avoue que le personnage de Sara m’a un peu agacée, j’ai eu l’impression qu’elle ne savait pas ce qu’elle voulait : rester, repartir… Et ce petit jeu dure quand même une bonne partie du livre, mais jamais sur les mêmes indécisions.

Globalement, les autres personnages sont attachants, même si tous sont très liés à leurs petites habitudes. Les lettres d’Amy qui émaillent le texte nous en apprennent plus sur toutes ces personnes qui ont constitué son entourage.

Pour finir, j’ai beaucoup aimé ce livre, mais, j’ai tout de même pensé que l’auteur aurait pu aller plus loin sur certains aspects, peu développés selon moi. Notamment la fin qui se fait attendre et arrive comme un cheveu sur la soupe et m’a semblé trop rapide.

Pour tous les amoureux des livres, celui-ci est pour vous 😉

Bonne lecture !

Pour vous procurer ce livre :
La bibliothèque des coeurs cabossés, Katarina Bivald
Traduit par Carine Bruy
Editions Denoël, 2015
496 pages, 21,90€
ISBN : 9782207117750

La parfaite évasion : Comment ma femme m’a rendu fou

Je traverse le Styx et j’emporte : un tube de dentifrice (pour le fun)…

Tout d’abord, un grand merci aux éditions Denoël pour m’avoir permis cette chouette découverte.

Comment ma femme m’a rendu fou, c’est l’histoire de Désiré Cordier, un retraité, qui décide, comme par caprice, de se faire passer pour un sénile afin d’être placé dans un home, loin de sa femme, espèce de tyran des temps modernes.

Tout au long du livre, on passe du présent au passé, puisque dans sa maison de retraite où il feint la maladie d’Alzheimer, Désiré a tout le temps de réfléchir, autant à ses futures actions pour rester dans son personnage qu’à sa vie passée et qu’il ne reverra plus.

L’écriture de Verhulst, auteur que je ne connaissais pas du tout, est très vivante grâce justement à ce jeu d’allers retours. De plus, il dépeint des scènes croustillantes ainsi que des personnages très vraisemblables. Je voudrais d’ailleurs accorder ma palme spéciale pour le personnage de Monik, la femme de Désiré, qui est un tyran avec son époux, semble effrayée par la « maladie » de ce dernier, mais en réalité, l’est plus par l’image qu’elle va renvoyer suite à cela. Les scènes où Désiré se joue d’elle, feint de ne pas la reconnaître ou autre sont juste hilarantes.

J’ai également aimé ce « refrain » qui revient régulièrement au fil des épisodes et qui résume en quelque sorte les éléments que l’on a pu voir auparavant et parfois donne un aperçu de ce qu’il va arriver.

Cela dit, il y a quelque chose dans le personnage de Désiré que j’ai trouvé un peu malsain, surtout dans sa façon d’agir, mais finalement, l’écriture m’a permis d’oublier qu’il s’agissait d’un vieux cynique qui profite de la crédulité de tout son entourage pour monter cette arnaque.

En conclusion, c’est un roman très plaisant qui m’a permis de passer un bon moment.

Comment ma femme m’a rendu fou, Dimitri Verhulst
Traduit du néerlandais par Danielle Losman
Editions Denoël, 2015
142 pages, 14,90€
ISBN : 9782207117811

Lettres mortes : roman pessimiste

 Il se réveille, surpris d’entendre l’hymne de ses funérailles.


En tout premier lieu, merci beaucoup aux éditions Denoël pour ce partenariat, même si j’avoue que je ne l’ai pas fini. Je tenais cependant à m’en expliquer et à m’excuser.

Avant de commencer ma lecture, en lisant le résumé, j’ai été vraiment attirée par cette intrigue plongée au cœur de la Seconde Guerre Mondiale. Je m’attendais à une lecture vraiment ancrée dans l’Histoire, d’autant que je n’ai jamais vraiment étudié ce qu’il s’est passé dans le désert libyen.

Finalement, le contexte historique reste en marge de l’Histoire, c’est le ressenti de ce motocycliste qui prend le plus de place.

Mais ce qui m’a vraiment posé problème et m’a freiné dans ma lecture, c’est le style. Il est superbe, là n’a pas été mon souci. En fait, je me suis sentie oppressée par le pessimisme émanant du livre. Peut-être une question de moment où j’ai entrepris le livre, mais quoiqu’il en soit, je me sentais trop mal à la lecture.

Cela dit, il s’accorde bien avec l’histoire en elle-même, ce motocycliste accidenté et qui est au bord de la mort. De plus le contexte de la guerre n’aide pas à être optimiste. Mais si le pessimisme n’avait touché que l’histoire, je pense que cela serait passé. Mais voilà, le style d’écriture contaminé par l’intrigue m’a arrêtée net dans ma lecture.

J’ai lu plus de la moitié du livre, mais au bout d’un moment, je ne pouvais plus avancer, je n’avais plus envie de l’ouvrir. J’ai donc préféré abandonner, tout en le gardant de côté pour le retenter à un moment où je serais plus réceptive à cette lecture.

Pour vous procurer ce livre :
Lettres mortes, Robert Allison
Traduit de l’anglais par Isabelle D. Philippe
Editions Denoël, 2014
22€
304 pages
ISBN : 9782207116210

Sculpture italienne : Noces de cire

Il arriva un jour de novembre ; un vent froid balayait les champs gorgés d’eau.


Tout d’abord, merci beaucoup aux éditions Denoël pour ce partenariat et cette découverte qui m’a déconcertée.

Le livre est composé de 3 parties, la première et la dernière sont racontées par Marguerite-Louise d’Orléans, Révérende-Mère d’un couvent, et épouse de Cosme III de Toscane, on est en 1701. Elle reçoit la visite de Zummo, un sculpteur italien qui a été protégé par son époux pendant un temps. La deuxième partie contient le récit des aventures de Zummo, contées par lui-même, avant de revenir dans la dernière partie sur Marguerite-Louise d’Orléans.

Si les première et troisième parties sont courtes, la deuxième quant à elle est très longue et surtout n’est pas coupée en chapitres, il faut donc être vraiment concentré pour suivre, d’autant qu’il y a pas mal de personnages qui ont parfois des noms assez proches, il ne s’agirait pas de les confondre.

L’histoire, quant à elle est à mon goût un peu longue à se mettre en place, cela dit, elle est prenante, on veut en apprendre plus sur les personnages, leur histoire, leurs relations, les liens éventuels, et surtout, on veut voir la statue et pourquoi pas savoir qui est la femme. De plus, on est plongé dans l’Histoire de l’Italie d’avant les Lumières, il y a beaucoup de références historiques, notamment concernant les dirigeants et les évènements historiques et géographiques.

Quant à l’écriture, elle est très crue, mais en même temps, poétique. Zummo, le narrateur principal, est un artiste, il a une vision du monde qui est basée sur les sensations (bonnes ou mauvaises). D’un autre côté, il sculpte des corps malades, en décomposition, il a donc une vision médicale du corps et le vocabulaire entourant son activité se passe de fioritures. Il faut dire aussi que l’époque n’est pas la moins violente, le vocabulaire porte aussi cette marque.

Finalement, malgré quelques petits côtés négatifs, j’ai trouvé ce livre très intéressant, beaucoup pour la qualité d’écriture, mais aussi pour le côté plongée dans l’Histoire italienne.

Pour vous procurer ce livre :
Noces de cire de Rupert Thomson
Editions Denoël, 2014
22,50€
ISBN : 9782207116982

Le Puits : étrange aventure

 – Impossible de sortir on dirait, dit-il. Puis il ajoute : Mais on sortira.


 

A peine sortie de ma lecture, je dois avouer que je reste perplexe.

En effet, j’ai beaucoup apprécié le style d’Ivan Repila, je l’ai trouvé très poétique, ce qui atténue la dureté du conte qu’il nous présente.

L’histoire maintenant, on est au fond d’un puits avec le Petit et le Grand, deux frères qui vraisemblablement revenaient de courses faites pour leur mère quand ils sont tombés dans ce trou en plein milieu de la forêt. Tombés ou poussés ? On se le demande tout au long de notre lecture. Pour eux, la vie va devoir se réorganiser, ils vont devoir survivre sans jamais toucher au sac de provisions destiné à leur mère. Le Grand établit une sorte de système dictatorial, il décide de tout, répartit les tâches et la nourriture. Dans ce huis-clos, on voit la descente aux enfers des garçons, leur lutte pour la vie et la raison.

Tout le récit est dur, la fin semble porteuse d’espoir, même si je ne l’ai pas vraiment comprise.

Finalement, j’ai trouvé ce livre très sombre et même limite dérangeant, ne sachant pas comment l’interpréter. Je n’arrive pas à réellement déterminer s’il m’a plu ou non. Peut-être que je n’étais pas dans la bonne période pour le lire, ou que si je m’y replonge dans quelques années, j’y serais plus réceptive…

En tous les cas, je remercie les éditions Denoël pour ce partenariat et cette découverte.

Pour vous procurer ce livre :
Le Puits d’Ivan Repila
Editions Denoël, 2014
11 €
ISBN : 9782207117682

Sex on the Moon : Le casse du siècle

C’était la fuite la plus étrange qu’on ait jamais vue, et de loin.

Sex on the Moon commence par un casse. Ce vol aurait pu passer inaperçu, un vol comme un autre en soi. Mais dérober au nez et à la barbe de la NASA des échantillons de roche lunaire ainsi qu’un petit morceau de Mars et tenter de les revendre n’est pas une mince affaire pour Thad Roberts.

Le livre s’ouvre sur le soir du cambriolage, Thad Roberts, stagiaire de la NASA et deux de ses camarades sortent du campus, ayant pris un coffre plein de cette roche si rare qu’il est illégal d’en posséder.

Le livre nous plonge dans les années précédant ce coup de folie, depuis le passé de chômeur de Thad.

Si l’idée de départ – explorer ce fait divers pour essayer d’en rendre les raisons plus compréhensibles – est vraiment pas mal; d’autant que le fait divers en lui-même pourrait sortir d’un film hollywoodien, j’ai trouvé que l’écriture pouvait rendre la lecture plus compliquée. En effet, l’auteur nous entraîne dans un jeu d’aller retour entre le passé et un présent qu’on a du mal à situer, ce jeu oblige le lecteur à repérer les indices pour savoir quand tel ou tel passage arrive et pouvoir remettre tout dans l’ordre. Et finalement, on se rend compte que le plan est mis au point pendant des semaines, voire des mois, et le cambriolage et ses conséquences n’occupent que quelques chapitres. J’ai personnellement eu l’impression de rester sur ma faim par rapport à cette résolution beaucoup trop rapide selon moi.

Pour finir, je dirai qu’en dépit de ce que je viens de dire, ce fut une lecture agréable, rien que pour le sujet de base. Si vous cherchez la signification du titre, vous ne la trouverez que dans un court passage, donc je vous laisse chercher…

Je tiens à remercier chaleureusement les Editions Denoël pour ce partenariat, et cette découverte que je n’aurais jamais faite de moi-même.

Pour vous procurer ce livre :
Sex on the Moon de Ben Mezrich
Editions Denoël, 2014
22,50€
ISBN : 9782207114094